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dimanche 11 juin 2017

Mademoiselle Rebecca

Voilà, tu a vécu ton enfance dans un milieu de théâtre et de connaissance, entouré de parents médecin et psychanalyste. On a tous deux en commun d'avoir eu un père au charisme élégant mais un peu absent. Toi, tu as très tôt eu la chance de participer à la grande aventure théâtrale de Roberto De Simone, à Naples, ce qui n’est pas rien. Tu es entrée très jeune à l’Académie de théâtre.

Tu as grandi, portée par la cause environnementale. Tu as été une garde-forestière assermentée, et tu as refusé de porter ton arme réglementaire, ce qui n’est pas rien. Et ça me plaît, ça ! Tu as aussi été, et c'est encore plus sérieux, Prof de guerre auprès d’enfants ravagés le terrible conflit en Serbie à devenir enfin des êtres capables d’aller vers autre chose que la violence. Ce qui n’est pas rien non plus.

Puis, tu as enchaîné les rôles au théâtre et es devenue une actrice avec vue sur la baie de Naples, au son de cette langue italo-franco-espagnole de la Méditerranée. Tu te dis Grecque, alors je serais un Romain du nord.

Puis tu es aussi devenue une scientifique. En Espagne, tu as enseigné les mathématiques à des étudiants, en pleine crise des sub-primes.

Tu as vu les couloirs de l’université se vider, les laboratoires péricliter, tu as été témoin de l’époque…

À Paris, comme tu es très physique, tu as pris une formation de Mime chez Decroux, après avoir eu en passant un second doctorat en Physique, la dure cette fois, à Centrale. Tu étais passé au Piccolo Teatro de Milan, tu as encore voulu apprendre. La pédagogie à l’École Internationale de Mime Corporel Dramatique.

En ce moment, tu manques à ma vie, car tu es au Festival international de Naples comme première assistante de Sollazzo. Ce qui n’est pas rien.

Cette année tu m’as emmené dans cette aventure d’enseigner les disciplines artistiques aux jeunes de Sciences-Po. Et nous voilà à élaborer ensemble un projet de théâtre humaniste et engagé autour de Ariel Dorfman, qui fédère autour de nous des chercheurs, des acteurs, des politiques, des institutions. Et je suis fier que tu sois l’actrice que j’aurai à diriger.

Je dis tout cela parce que tu as la discrétion des gens de grand talent qui ont en plus la grâce d'être timides.

De tout cela, tu peux être fière, ce n’est pas rien... Et pourtant, ce n’est pas encore ce qui fait ton charme, outre l’éclat minéral de ton regard bleu-gris (tout le monde l'aime celui-là, en balance avec ton sourire)

Ce qui me traverse à t'observer de près c'est que tu cherches toujours à te mettre à la place des autres : tu comprends aussi ceux qui ne se comprennent pas eux-mêmes. Tu as quelquefois un grand silence, et puis un avis original souvent, intelligent toujours, sûr.

Et par-dessus tout, ce qui me conquiert entièrement : tu sais parler aux enfants, calmement, tu les accompagnes en leur donnant la main toujours tendrement sur le chemin de la raison, tes paroles sèchent vite leurs larmes comme un vent de bonheur. Tu les invites à mieux évaluer leur tracas, et à progresser. Pour beaucoup de gens et d'êtres vivants ici-bas, tu es un vrai docteur, et pas qu’en mathématiques…

Quoique prévenu de ton peu d’attrait pour les couronnes de lauriers, je serai discourtois, à ma manière : je parfumerai mon blog comme j'embellis ma vie, avec ton prénom, Rebecca.



Costa Amalfitana, febbraio 2016 

















Une seconde édition pour le récit "Autrefois Outrebois"

Je suis très heureux de vous annoncer que dès le 14 août 2017,  Autrefois Outrebois  aura la chance d'être réédité. Le récit sera disp...