vendredi 16 septembre 2016

Chers amis d’outre-ciel


L'avez-vous lu dans la presse, des ovnis ont été repérés par deux personnes en vacances au bord de la plage, dans mon con de paradis préféré, élu parmi les terres de ma région d'origine, Berck-sur-Mer.

L'observation a dû être impressionnante puisqu'elle a consisté en une dizaine d'objets ronds, volants à grande vitesse. Cette vidéo m'a donné envie d'écrire aux passagers supposés de ces engins véloces. Elle pose des questions politiques et philosophiques importantes pour l'avenir de l'humanité.

 

Chers amis d’outre-ciel,


Comme autrefois l’on jetait une bouteille à la mer, l'on expédie aujourd'hui une missive vers l'espace. Je suis très ému à l'idée de développer un échange commencé sur le papier voici plusieurs décennies et enrichi aujourd'hui par la possibilité d'envoyer un message numérique. 





Ma démarche aurait amusé et même inquiété voici encore trente ans. Mais aujourd’hui, alors que la Nasa comptabilise plus de deux mille exo-planètes vingt ans après la première détectée et quelques unes géo-similaires, par le fort impact d’apparitions de plus en plus nombreuses d’appareils non-conventionnels dans notre ciel, par la publication du dossier cinquantenaire de la correspondance Oummaine, tout cela a fait passer dans l’opinion publique votre existence d’hypothétique à fort probable.


Aussi faut-il se réjouir de l’imminence de votre dévoilement officiel comme annoncé par certaines éminences, pour ce qu’il signifierait d’espoir de paix et d’évolution spirituelle de prime importance. Et il faudra qu’il en soit ainsi, de façon à ne pas aggraver notre situation, déjà périlleuse pour cinq milliards d’individus sur sept.

Je me trouve en effet assez impatient de voir l’horizon se dégager pour l’humanité, désespéré de la voir embourbée dans ses travers infantiles, malgré les récents et innombrables progrès techniques et médicaux, hélas trop souvent corrélés aux efforts de guerre. Autant de vies sauvées par la science pour autant de vies détruites par la même science.

Comment envisager de futures relations, quelles sont nos attentes, quelle place pourriez-vous avoir parmi nous, comment pourriez-vous collaborer et quels seraient les types de projets susceptibles de contribuer au développement de ces futurs échanges, voilà une série de questions qui augure du meilleur, puisque nous pensons qu’elle émane d’un calendrier protocolaire dont une page vient de se tourner. Nous nous sentons, mes amis francophones et moi-même, très honorés d’être considérés comme des interlocuteurs. 



À mon sens, de futures relations ne pourraient advenir qu’une fois consenties par l’ensemble des nations. J’ai tendance à comprendre votre démarche depuis l’émergence du phénomène nucléaire comme inscrite dans une sorte «d’assistance à population en danger». Mais je n’envisage pas qu’une quelconque force étrangère entre dans nos affaires malgré nous, à moins que nous soyons dans un péril que nous ignorions. Votre entrée en jeu dans le concert de la diplomatie mondiale, et de surcroît à cause du présupposé de supériorité technique dont vous bénéficiez, concerne chaque habitant de notre planète. 


À ce titre, votre émergence devrait faire l’objet d’un Referendum mondial, supervisé par l’Organisation des Nations Unies. 

Qui que vous soyez, vous devrez disposer d’un statut d’extra-territorialité vous protégeant dans la dignité et l’intégrité de vos personnes. Devez-vous oui ou non, disposer d’un siège d’observateur ou de membre à l’ONU par un représentant humain ou non, seraient des questions à trancher. Tout ceci devrait être un minimum minimorum.


Il vous reviendra avec le temps et vos arguments de disposer ensuite de droits plus ou moins larges, comme celui par exemple d’un siège au Conseil de Sécurité selon vos attributions, et de continuer ainsi à œuvrer à une démilitarisation du monde. Vous nous demandez d’élever notre art de la diplomatie au carré ; je m’en réjouis.



La progressivité de votre présence, discrète voire épistolaire, est l’une des clés de l’assentiment général. Je pense que nous prévenir des risques que l’activité industrielle actuelle fait courir à toute la sphère du vivant serait un service bien compris par l’humanité présente et à venir. Il serait judicieux prioritairement de nous faire part de votre connaissance d’éco-systèmes similaires au nôtre qui auraient connu une tragique involution, ailleurs, par le passé, afin de mieux identifier les causes à éviter, et commencer de planifier une bifurcation de nos modes de production et de consommation d’énergie.



Quant aux types de projets susceptibles de contribuer au développement des échanges, il est bien difficile, sans une évaluation précise de ce que vous possédez comme niveau d’information, de supposer que nous aurions quelque chose à vous apprendre, ou encore des ressources à vous offrir en termes d’échange. Un forum unique et polyglotte pourrait recueillir démocratiquement les demandes et questions que chacun pourra se poser. Une version exacte d’un historique des échanges épistolaires avec la société Oummaine devrait être accessible dans toutes les langues connues de la Terre.



Il s’agirait non pas d’accélérer artificiellement notre niveau d’équipement ou d’information, mais de pouvoir au moins corriger les lourdes erreurs éthiques et techniques qui ralentissent ou obèrent notre évolution et notre pérennité (ex. développement du gasoil, du plastique, l'EPR, la bombe à neutrons, etc.). Voilà un type d’échange pacifique souhaitable de la part d’une société plus avisée que la nôtre. 
Il y a fort à parier que vous mettrez à mal certains intérêts financiers liés à la production, et que nous autres, amis des "étrangers", nous casserons le nez sur une propagande et une rétorsion de type capitaliste/protectionniste. Il faudra parer à cette éventualité que je ressens comme fortement probable et offrir une protection à ceux d’entre nous qui vous auront été les plus amicaux. Les récentes manœuvres d’intimidation et de contrainte exercées par les gouvernements sur les «lanceurs d’alertes» (Melle Manning, M. Assange, M. Snowden)  m’indiquent que notre chemin pourrait être difficile. J’attire votre attention sur ce point.



Les conséquences directes et indirectes induites par la conscience de votre présence et le danger potentiel que certains ne manqueront pas d’y voir, suivront leurs cours. Vous le savez, et avez sûrement bien conscience de la lourde responsabilité qui incombera au premier peuple exogène qui se présentera à nous.

Mais je suis persuadé que ce nouvel élément
d'ampleur historique ébranlera la conscience humaine au point d’interroger en particulier nos orientations racistes et spécistes.

 

Rendre nécessaires et vitales de bonnes relations avec l’Autre dans tous ses aspects serait selon moi l’un des points majeurs où vous pourriez conditionner votre collaboration.

Par exemple : l’abolition immédiate du travail des enfants, l’arrêt définitif des combats armés pour un règlement politique des conflits en cours, devrait être le préalable à toute forme d’aide et d’échange possibles.


Nous aurons ainsi un choix déterminant à faire entre l’ouverture et un progrès significatif rapide, ou la fermeture et demeurer englués pour longtemps dans nos contradictions.  

Nous aurions tous à gagner à élever le niveau d’éducation général, et en même temps de parvenir à l'abaissement du seuil de débilité mentale, à la réduction des névroses et psychoses parcourant la société. J’espère que cette évolution serait l’une des conséquences de votre collaboration ouverte. Il ne faudrait en aucun cas, je dis bien en aucun cas, que celle-ci soit perçue comme une mésestime de nos capacités humaines propres. Je redoute par dessus-tout cette conséquence d’infériorisation.


Qui que vous soyez, nous comptons sur votre intelligence et votre expérience pour peser à bon escient sur les forces négatives qui tendent à déshumaniser les humains dans leurs relations, dans leur travail, et aussi leur destinée.



Il sera alors essentiel à nos psychologies d’être rassurés tout à fait sur la nature pacifique de vos intentions ; l’angoisse archaïque de la dévoration s’érigeant en une puissante barrière exclusive, animale et meurtrière. Que votre avènement s’accompagne d’une abolition du sens du sacré au profit d’un sens plus universel et spirituel à venir me semble essentiel.

 

Sans le conditionnement de votre aide à l’éradication de ces abcès de notre humanité, vous pourriez être tenus pour complices des oppresseurs de notre monde et perdre vite toute crédibilité. 

La tâche qui vous incombe est immense et la nôtre aussi. Puissent nos réflexions vous y aider.



B.R






 




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Je suis très heureux de vous annoncer que dès le 14 août 2017,  Autrefois Outrebois, Chronique musicale et agricole   aura la chance d'...